A mon grand âge, il est de plus en plus rare qu’un événement fasse se soulever d’étonnement l’un de mes sourcils. Pourtant, je dois avouer avec humilité que le déroulement de la soirée d’hier a été pour moi une occasion répétée de quelques stigmates faciaux.

J’ai entendu la Sainte Messe à onze heures – ce qui est fort tardif – et j’ai mis à profit ce moment si privilégié de proximité avec Le Créateur de toutes choses pour prier de toutes mes forces – il m’en reste – pour la France et pour mes enfants qui la peuplent.

J’avais bien entendu que dans son désamour pour le jeune Hongrois aux affaires depuis quelques années, mon Peuple allait se jeter – c’est une habitude – dans les bras du premier affairiste qui semblerait offrir une alternative. Je n’ai donc pas été très étonné lorsque le visage de cet homme est apparu à huit heures du soir en ce funeste dimanche.

Depuis la fin du dix-huitième siècle, mes enfants ont su préserver tant bien que mal une part conséquente de l’oeuvre de leurs pères et des rois qui ont fait la France pendant plus de treize siècles. Mais aujourd’hui, il est de mon devoir de prévenir les hommes de bonne volonté : la France est un corps vivant. Et comme tout corps vivant, elle peut être tuée, abattue.

La France est une belle idée. C’est l’idée qu’un Peuple peut plier le genou devant Dieu et Lui confier son destin. C’est l’idée que peu importe l’origine géographique de chacun, s’il se joint au groupe en marche – la nation – et qu’il met ses pas exactement dans les pas de ceux qui l’ont précédé, alors il devient lui-même une part indivisible de cette nation en marche, pour la plus grande gloire de Dieu.

La France est un corps.

Mais la France n’existe que dans sa fidélité à son baptême reçu à Reims des mains de Remi le soir de Noël 496.

C’est dans cette perspective que je me dois de vous prévenir : l’homme que vous avez porté au pouvoir travaille pour le Prince de ce Monde. Ceci ne fait aucun doute.

Il veut redéfinir le sens du beau mot de « mariage », cette Sainte institution créée en d’antiques époques pour protéger la famille, noyau de la procréation, cette extraordinaire mission confiée à la race des Hommes par Dieu Tout-Puissant . Pro-créer : participer à la Création !

Or, le pauvre homme qui ne connaît pas sa perte veut désormais qu’on puisse dire de deux invertis – Dieu ait pitié de leurs âmes ! – qu’ils peuvent – ne riez pas – se marier !

Dans sa soumission au Prince des Enfers, il veut également autoriser les mises à mort des personnes affaiblies par la douleur ou la maladie. Il ne connaît rien à la valeur salvifique de la douleur, et se range du côté de ceux qui font de la vie humaine une valeur marchande.

Mes enfants, la définition de l’Eternité est simple : c’est ce qui contient le Temps. En ce sens, et puisqu’elle fut créée de la volonté de Clotilde, Remi et Clovis, la France eut un commencement. Elle s’inscrit dans le temps, et non hors de celui-ci. Elle n’est donc pas éternelle. Elle est une création.

Elle peut donc mourir.

Si vous n’y prenez garde, si vous ne prenez pas vos responsabilités, il se pourrait bien que l’homme de Tulle, malgré l’excellente éducation que son défunt père avait tenté de lui donner, devienne le bras choisi par l’Ange déchu pour abattre la Fille Aînée de l’Eglise.

Ne le laissez pas faire.

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