De l’Euro

6 mai 2010

Je regarde avec intérêt les gesticulations des instances auto-proclamées européennes autour du dossier grec. Ce beau pays, l’un des berceaux de notre civilisation et de notre pensée, est en proie aux flammes. Nous devrions prêter un petit peu plus d’attention à ces événements, car ils racontent beaucoup à propos du monde que vous avez construit depuis mon départ.

Evoquons par exemple l’Euro.

J’ai du mal à comprendre comment vous avez pu accepter de perdre le privilège de battre monnaie. Battre monnaie, c’est le signe de l’indépendance d’une nation. C’est même peut-être le signe de son existence. Perdre ce privilège, c’est accepter que le territoire soit soumis aux échanges d’une monnaie étrangère. Car ne vous y trompez pas : il n’existe pas de « monnaie unique » commune à plusieurs pays. La « monnaie unique », cela signifie simplement qu’une nation a imposé sa monnaie à d’autres, créant de facto un nouvel empire. Votre Euro, par exemple, n’est rien d’autre qu’un nouveau Deutsche Mark, redoré et renommé. Ce que vous appelez Europe n’est donc rien d’autre qu’une nouvelle forme d’empire, auquel vous avez accepté de soumettre la France que j’avais passé tant d’années à fortifier, agrandir, sécuriser. Je ne peux vous en vouloir, puisque vous n’avez pas été formés à diriger les nations comme je l’ai été durant toute ma jeunesse. Tels autant de Phaéton, vous avez pris les rênes d’un char beaucoup trop gros et compliqué, abusés par votre déesse Démocratie, qui vous fait croire que tous se valent dans l’exercice du pouvoir.

Mais n’est pas le Soleil qui veut.

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