De mon aïeul à mes aïeux !

16 mai 2010

Ainsi donc, nous avons fait mémoire cette semaine de l’assassinat de mon aïeul Henri IV, survenu il y a exactement 400 ans, le 14 mai 1610. Je ne sais pas vraiment pourquoi votre république l’aime tant. Tout d’abord, il faut noter que c’est assez nouveau, cet intérêt pour le premier roi Bourbon. J’ai lu qu’en pleine révolution, lorsque les criminels tels des rats ont percé des galeries dans la sainte nécropole royale de Saint-Denis pour violer les sépultures (quel monstre fait ça ?), ils ont exhibé le corps parfaitement conservé – barbe incluse – de mon illustre aïeul, avant de le laisser se corrompre à l’air libre.

La soudaine amitié que votre république veut montrer à son égard a donc tout d’un élan expiatoire. Mais peu importe, mieux vaut ça que le traitement précédent.

J’ai profité aussi – le plus discrètement possible, cela va de soi – de la nuit des musées. J’ai ainsi pu découvrir ce que vous avez fait de certains de mes trésors et de ceux collectionnés par mes successeurs. Je ne commenterai pas. Mais sachez qu’il m’a fait plaisir de me retrouver parmi les arts de notre grande nation. Je suis en revanche très déçu des productions artistiques récentes. Il semble que la forme de l’Etat a donc une importance dans le mécénat et la création. Ce que vous avez produit ces quarante dernières années ne passera jamais à la postérité.

Vous avez construit sur du sable.

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