Montrer du doigt les riches est l’exercice favori des démocraties. Cela contente le peuple et ceux qui ont échoué à bâtir leur propre richesse. Cela caresse la paresse et justifie l’exigence d’assistanat. C’est donc honteux, puéril, et indigne de dirigeants qui se respecteraient et respecteraient le peuple dont ils ont le privilège d’avoir la charge. Mais vos politiciens n’ont cure de dignité. Ils sont beaucoup trop occupés à s’occuper de la prochaine élection. Leur seul travail est de se faire élire. Honte à eux.
Il en va ainsi pour le dossier des retraites. Le dogmatisme de votre république en la matière est proche de l’aveuglement d’un enfant qui pense que la réalité disparaît s’il ferme les yeux. Pourtant, le même enfant de 10 ans peut comprendre que dans un pays dans lequel les non-actifs sont plus nombreux que les actifs, le système historique des travailleurs qui paient pour les retraités est mathématiquement voué à l’échec. La solution est simplissime : les retraites privées. Il est bon de rappeler que le système français a justement commencé de manière privée. Des corporations ont fondé des caisses privées de retraites pour leurs travailleurs. Au XIXème siècle, les analystes prévoyaient même que si l’Etat se mêlait un jour du système, ce serait sa fin, sa ruine. Qu’avaient-ils raison !
Si vos gouvernants ne proposent pas le retour au privé intégral, c’est qu’ils savent que le peuple se retrouverait forcément dans la rue pour protester. Le peuple, se réveillant à la réalité, n’aurait d’autre réaction que la fronde, souhaitant forcer le gouvernement à maintenir l’illusion fondée sur des mensonges.
Or, voici que ce dimanche, dans son document d’orientation sur la réforme des retraites, le gouvernement dévoile ses pistes pour la réforme du système. Selon ce document – devinez – les hauts revenus et les revenus du capital seront taxés ! Ainsi donc, la seule solution trouvée par votre gouvernement endetté jusqu’au cou est de faire payer ceux qui 1/ ont réussi mieux que d’autres 2/ créent des richesses et des emplois. Il y a de quoi retourner la bile de dégoût.
Il va falloir aux riches un patriotisme proche du masochisme pour vouloir rester en France.
