Leçons de la Sainte-Baume

13 juillet 2011

Je suis monté à la Sainte-Baume.

L’effort physique – surtout pour un vieil homme – est conséquent. Le soleil ne vous épargne pas, mais la forêt – vénérable et vénérée – vous protège des rayons les plus ardents.

Le symbole est fort : pour atteindre ce lieu saint où Marie-Madeleine expira dans les bras de l’évêque Maximin, il faut passer par un chemin long, abrupt, initiatique, assombri par les feuilles des arbres plusieurs fois centenaires. Lorsqu’on approche enfin, les arbres s’écartent et la chaleur redevient intenable; une ultime précaution, un dernier filtre avant de laisser le pèlerin découvrir la fraîcheur de la grotte.

Ces arbres sont d’ailleurs protégés de la plus belle manière : le pape Boniface VIII publia en 1295 une bulle qui frappe d’excommunication quiconque coupe un arbre ou une fleur dans la forêt de la Sainte-Baume. Cette bulle ne fut jamais remise en cause par les successeurs de Pierre.

J’ai bien entendu ici et là que la présence physique de Sainte Marie-Madeleine – qu’on fête chaque 22 juillet – était légendaire, n’étant pas étayée par des faits historiques précis. Ce que je sais, c’est que depuis la nuit des temps on la vénère ici et que mon aïeul Saint Louis, de retour de Terre Sainte, fit le détour par cette grotte afin de s’y recueillir. Cela me suffit et devrait bien suffire à mon peuple.

Car c’est précisément cela, la France : une singulière histoire de chrétienté, un mélange de traditions populaires et de hauts-faits, une fidélité incertaine mais à laquelle on revient toujours, comme on revient toujours à ses chers parents après s’en être éloigné.

La France est une mère pour ses enfants, et une bonne fille pour l’Eglise.

Il serait temps de s’en souvenir.

ps. J’ai fait donner une messe pour la France, qui sera offerte là-bas, dans la grotte de la Sainte Baume, ce dimanche 17 juillet, à 11 heures. Merci de vous y unir par la prière.

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